DPE 2026 : 850 000 logements sortent du statut de passoire thermique — ce que ça change pour vendre
Publié le 8 septembre 2026
Depuis le 1er janvier 2026, la méthode de calcul du diagnostic de performance énergétique a changé. Le coefficient de conversion de l'énergie finale en énergie primaire pour l'électricité est passé de 2,3 à 1,9, en application de l'arrêté du 13 août 2025 publié au Journal officiel. Une modification technique en apparence, mais dont les conséquences sont très concrètes pour les vendeurs.
Selon le ministère de la Transition écologique, cette évolution devrait faire sortir près de 850 000 logements de la catégorie des passoires thermiques, sur les 5,8 millions de logements classés F ou G en France. Sans le moindre travaux.
Pourquoi ce changement de coefficient
Le coefficient de conversion sert à traduire l'électricité consommée dans un logement en « énergie primaire », l'unité de référence du DPE. Fixé à 2,3 depuis des années, il pénalisait mécaniquement le chauffage électrique : la consommation réelle était surévaluée par rapport à la réalité du mix énergétique français, largement décarboné.
La valeur de 1,9 aligne le calcul français sur la valeur européenne actualisée. L'objectif affiché par le ministère est double : refléter plus fidèlement la consommation réelle, et encourager le remplacement des chaudières fossiles par des pompes à chaleur, désormais mieux valorisées dans la note finale.
Ce que ça change pour un vendeur
Pour un propriétaire qui met son bien en vente, l'effet est direct. Un logement chauffé à l'électricité classé G peut basculer en F, un F peut passer en E. Or la frontière entre E et F n'est pas symbolique : elle conditionne l'obligation d'audit énergétique, qui s'applique depuis 2023 à tout logement classé F ou G mis en vente.
Concrètement, un bien qui sort des classes F et G échappe à cette obligation d'audit, se présente sous une étiquette plus favorable dans l'annonce, et se retrouve moins exposé à la décote systématique que les acheteurs appliquent aux passoires thermiques.
Point important : le reclassement n'est pas automatique sur les diagnostics déjà réalisés. Les propriétaires concernés peuvent télécharger gratuitement une attestation officielle de nouvelle étiquette sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME, sans nouvelle visite d'un diagnostiqueur. Un document immédiatement utilisable pour une vente.
Une meilleure étiquette ne suffit pas à déclencher la visite
C'est là que beaucoup de vendeurs se trompent d'analyse. Passer de G à F améliore la fiche technique de l'annonce, mais ne change rien à ce que l'acheteur voit en premier : les photos.
Le contexte de marché rend ce point décisif. La FNAIM anticipe entre 900 000 et 920 000 transactions sur 2026, en recul de 5 à 6 % par rapport à 2025, dans un environnement de taux de crédit orientés à la hausse. Moins d'acheteurs, plus de biens en concurrence : la sélection se fait au moment du défilement sur les portails, avant même que l'étiquette énergétique soit lue.
Un logement des années 1980 avec du chauffage électrique gagne une lettre au DPE, mais garde ses murs datés, sa cuisine d'époque et ses pièces vides sur les photos. L'amélioration réglementaire ne se voit pas. La présentation visuelle, elle, se voit immédiatement.
Montrer le potentiel sans engager de travaux
C'est la fonction du home staging virtuel et de la rénovation virtuelle : donner à voir ce que le bien peut devenir, à partir d'une simple photo, sans chantier ni investissement préalable.
Une pièce vide se meuble, des murs fatigués se rafraîchissent, un intérieur figé devient une vidéo dans laquelle l'acheteur se projette. Pour un vendeur qui vient de gagner une lettre au DPE, c'est la façon la plus directe de faire coïncider ce que dit le diagnostic et ce que montre l'annonce.
L'approche est particulièrement adaptée aux biens dont la valeur repose sur un potentiel plutôt que sur un état actuel irréprochable : c'est exactement le profil des logements concernés par le reclassement de 2026, souvent anciens, souvent électriques, souvent jamais rénovés.
À retenir
Le nouveau coefficient de 1,9 est une bonne nouvelle documentée et officielle pour des centaines de milliers de vendeurs. Elle allège une contrainte réglementaire et améliore la présentation technique du bien.
Mais elle ne remplace pas le travail de mise en valeur. Dans un marché en repli où l'acheteur compare beaucoup et se déplace peu, l'étiquette énergétique rassure une fois l'annonce ouverte — encore faut-il qu'elle le soit. Les vendeurs qui combinent les deux, une étiquette actualisée et une présentation visuelle soignée, sont ceux qui limitent à la fois le délai de vente et la négociation à la baisse.
→ Vendre un logement classé F ou G en 2026
→ Ce que dit la FNAIM du marché 2026
→ Créez la vidéo de votre bien à partir d'une photo, livrée sous 24h.